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Le projet de réforme du collège adopté par le Ministère de l'Education nationale va enterrer l'enseignement du latin et du grec, en prétendant vouloir au contraire en faire profiter le plus grand nombre !

Pour ceux qui voudraient voir ce qu'en dit Madame la ministre :http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2015/03/25/ouvrir-latin-grec-au-plus-grand-nombre-pour-tirer-tous-les-eleves-vers-le-haut/

Et donc, voici ma réponse et mon avis personnel (partagé par beaucoup de mes collègues, et pas seulement ceux de lettres) :

L'enseignement du latin ou du grec serait élitiste et trop centré sur la langue...

L'enseignement des Langues et cultures de l'Antiquité est déjà ouvert à tous et déjà pluridisciplinaire. Actuellement, avec mes 3e latinistes, nous travaillons sur l’empereur Auguste, nous étudions l’histoire, les textes, de la grammaire, du vocabulaire, mais aussi l’histoire de l’art avec la statue d’Auguste de Prima Porta ou l’Ara pacis… Mes élèves ne sont pas tous des « bons élèves » et certains élèves en difficultés découvrent un enseignement qui certes demande des efforts mais où ils peuvent être en situation de réussite !
L’enseignement des langues et cultures de l’Antiquité permet aux élèves de comprendre leur langue (vocabulaire, grammaire), le monde qui les entoure (société, système politique, religion…) et de prendre conscience des différences de culture qui existent dans le monde mais aussi des constantes : il leur permet d’apprendre à réfléchir, et on voudrait les en priver ?


La réforme prévoit une initiation au latin et au grec en cours de français :

- premièrement, les enseignants de lettres modernes (qui n'enseignent que le français) ne connaissent pour la plupart pas le grec et ont un peu perdu leur latin depuis leurs études

- ensuite, en cours de français, la littérature antique est déjà étudiée en classe de 6e (Homère, Virgile, Ovide) ainsi que les origines latines et grecques du français à travers l’étude des racines des mots.

- enfin, comment, avec les horaires indigents dévolus au français actuellement (la moitié de ceux auxquels avaient droit les élèves il y a 20-30 ans !), comment voulez-vous y intégrer en plus une réelle initiation aux langues anciennes ? Le niveau de grammaire, orthographe, compréhension de nos élèves est déjà alarmant dans les conditions actuelles !


Pour finir : il serait intéressant de compter le nombre d’hommes politiques, anciens ou actuels ministres, agrégés de lettres classiques pour réaliser l’importance de ces études, notamment Alain Juppé, François Bayrou, Xavier Darcos…

Vous trouverez ci-dessous les liens vers les deux pétitions actuellement en ligne pour sauvegarder cet enseignement fondamental ainsi que quelques uns des nombreux articles parus ces deux derniers jours sur le sujet et pour finir, l'audition de Loys Bonod, professeur de lettres classiques (voir aussi son blog http://www.laviemoderne.net/) par une commission d'enquête du Sénat sur le fonctionnement du service public de l'éducation : très lucide, contrairement à ce que semblent penser certaines responsables politiques qui apparemment en savent plus que lui (à quoi bon faire une enquête et auditionner des professionnels si on sait déjà tout??).

Je vous invite à lire également cet article qui concerne l'évolution de l'enseignement du français au cours des dernières décennies et l'intérêt d'étudier les langues anciennes pour la formation des esprits : http://pythecos.hautetfort.com/archive/2015/07/15/latin-au-college-oui-non-5657048.html#more

Tag(s) : #Langues anciennes